bécanes,  Sous le casque

Toutes les motos de James Bond : les années 70

Toutes les motos de James Bond : les années 70. 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur James Bond et les motos ! Vous osiez le demander. Mais vous ne saviez pas à qui. Quelques rares petites pages s’y sont risquées. Mais ce n’était guère brillant. Au diable la frustration : Claymotorcycles vous a entendus.

Rien ne vaut un bon visuel bien racoleur pour drainer du flux !

 

Nous poursuivons notre étude savante mais pas chiante des motos de James Bond. Et c’est parti pour les Bond Bikes des 70’s ! A nous les chemises à jabot, les costards blancs au col pelle à tarte et les véhicules sous-marins au design italien. Nous allons voir Sean Connery mûrir et en même temps un James concurrent très déluré va débarquer. Tout ceci sent bon la japonaise débridée, l’Omega Seamaster et la bastos de Walther PPK en plein front.

1971 Les diamants sont éternels. Sean Connery incarne Bond pour la dernière fois chez EON Productions. En 1983, alors que Roger Moore est toujours à l’écran, nous le retrouverons dans Jamais plus jamais, mais produit par une autre boîte. Et il y aura de la bécane. Mais ce sera pour le post sur les eighties. Chaque chose en son temps, bouillante jeunesse ! Dans cet Opus, James va rencontrer de jolies filles, et notamment la « très bien outillée » « Plenty O’Toole », élégamment traduit en version française par « Abondance Delaqueue ». Et oui, 1969, année érotique est passée par là, avec l’essor des sex shop et des films de boules alors considérés comme des films d’auteurs (Imaginez un film intitulé « Deep throat » à l’affiche de votre multiplex préféré.)

Vous avez dit « Double Zéro »?

Cette époque épique nous vaudra un dialogue d’une immense puissance littéraire, lors de la rencontre entre Bond et cette énième James Bond Girl :

Abondance: « Je m’appelle Abondance. » (Dans la langue de Shakespeare, « I’m Plenty » est plus drôle.)

James Bond: « Ce nom vous va bien. »

Abondance: « Abondance Delaqueue. »

James Bond: « Ça vous viens de votre père, je pense. »

Audiard aurait-il fait mieux ? Mais oui, bien sûr !

A Vegas, Bond va s’encanailler en louant une Mustang Mach 1 1971. Chocking, isn’t it ? Il ne pilote pas de meule. Cependant, tout espoir n’est pas perdu de le voir enfourcher autre chose qu’Abondance.

Déjà, on peut se faire plaisir avec l’arrivée très guindée de Messieurs Wint et Kidd, couple versé dans l’art du meurtre et du trafic de pierres précieuses. Ils subtilisent en plein désert les diamants qu’un trafiquant a dissimulé dans le carter de sa moto.

Je sais, on ne voit rien, mais c’est une scène de nuit.
Chéri, tu peux retirer les diamants du four?

Nous sommes très exactement à 10 minutes et 45 secondes. La victime déboule sur la piste au guidon d’une rutilante Triumph T100S Daytona noire. Le « T », c’est pour Tiger. Daytona est une référence à la victoire de Buddy Elmore en 1966 sur le circuit international de Daytona Beach en Floride. Classique absolu, la version de 71 résiste encore, mais plus pour très longtemps, à l’invasion japonaise.

 

Mais ce n’est qu’une mise en bouche. La vraie surprise survient à 1heure, 1 minute et 23 secondes. C’est l’attaque des ATC90 !

Ce délire sera repris bien plus tard dans Mad Max Fury Road.
Toujours connaître ses classiques

Une horde de méchants s’excitent sur des mini trikes aux gommes psychédéliques et traquent notre héros. Sa solitude et sa vulnérabilité dans ce décor désertique ne sont pas sans rappeler celle de Cary Grant pris en chasse par un avion dans les champs de maïs de La mort aux trousses d’Hitchcock. Ah, Cary, quel Bond total tu aurais fait ! L’humour, le flegme, la classe absolue, la ténacité et même cette homosexualité refoulée chez James et dissimulée par Cary derrière des costumes impeccables. Tu avais tout pour toi ! OK, à 58 ans tu ne voulais jouer que dans un seul opus. Mais on s’en fiche pas mal ! Tu n’avais qu’à mentir et signer pour dix ans!

Casino Royal? Pas du tout. Tout ceci fut tourné dans les années 50 et c’est James qui a copié. Alors merci quand même mon Cary !
Dis « Avion ». Pouet! Pouet !
Ok, c’est un Luger, mais tout de même on y était déjà un peu là non?

-Tu le sens mon petit Beretta?
-et toi, tu le sens mon gros PKK?

 

Mais revenons à notre poussiéreuse poursuite. James, c’est Sean. Un point c’est tout. Et il n’est pas du genre à se laisser saloper le costard par une bande de tocards. Sous nos yeux d’enfants ébahis, il désarçonne un des pauvres types en intégral à visière noire et se tire donc…sur trois roues ! Et tout ceci pour se faire la belle en buggy spatial.  Désolé pour les gars qui se la racontent sur leur MP3, mais les tricycles ne sont pas des deux-roues, et il faudra encore attendre pour voir notre agent préféré lâcher son surplus de testostérone sur une vraie moto. Bon, revenons tout de même sur ces incroyables jouets pour adultes. Déjà, il est incorrect d’évoquer des ATC. Nous sommes en 71, et la cultissime marque « All Terrain Cycle » ne sera déposée qu’en 1973. Historiquement, James s’est donc emparé d’un US90, machine conçue par Osamu Takeuchi pour Honda et son marché américain. Un tricycle monté sans suspension sur des roues ballon sur-gonflées, emmené par un moteur de Dax (quant à lui sur gonflé à 89 cc) et une transmission semi-automatique à 4 vitesses : où comment offrir aux californiens de quoi jouer à L’affaire Thomas Crown (Mac Queen déchire les dunes en buggy en 1968) à moindre frais.

Là nous sommes en 1968, et le King of Cool est aussi à l’aise sur 4 roues que sur 4.
Bon, là c’est un peu plus laborieux. Ce démarrage en mode tondeuse à gazon !

Bref, l’ATC, c’est Un peu l’ancêtre du quad, mais en plus délire. On voit que James (ou Sean?) répugne (ou galère?) un peu à dompter ce petit monstre. Mais il faut bien échapper aux poursuivants, que voulez-vous.

 

1973. Vivre et laisser mourir. Roger Moore est aux commandes. Et c’est parti pour 7 opus. Ce type est plus british que le prince Charles mais plus sexy que Prince. Il a joué dans le Saint et dans Amicalement Vôtre. What else ? Les grincheux ne cesseront de chialer après Sean. Ils seront comblés (vraiment ?) en 83, avec une ultime performance. De toute façon, ils souffriront bien plus encore avec Craig. Mais ceci est une autre histoire, que j’aurai plaisir à vous narrer un jour en guise d’apothéose de cette noble enquête au cœur des Bond Bécanes.

Affaire à suivre…

Roger, c’est le James de mon enfance. Des gadgets délirants, des répliques inénarrables balancées avec le sourire. Un rejet de la violence qui laisse la place à un way of life de playboy jamais égalé. Franchement, pourquoi bouder notre plaisir ?

Mais où sont donc les motos de ce James là ? Une fois de plus, il faudra attendre un bon moment, et un flic de plus, pour en apercevoir une. James serait-il à jamais lié aux voitures de luxe ? A 58 minutes et 22 seconde, nous voyons un peloton de policiers de l’île fictive de San Monique, dans les caraïbes, calés en rang sur des bécanes qui ressemblent à des Harley. Ce fut un travail de loupe pour identifier le logo : AMF Harley-Davidson. Aermacchi HD. Des 350 SS. Produites en Italie…Enorme course-poursuite. James et Jane Seymour, foncent en autobus à impériale et les trois policiers motorisés vont, l’un après l’autre, faire de jolies glissades et d’acrobatiques vols planés.

Tenez très chère, essayez de marcher au pas, comme moi dans la British Navy.

 

Allô, la Police? Mais non, je blague, c’est nous la police.

 

AMF, c’est American Foundry. En gros, ce groupe lié à Harley-Davidson a racheté 50% des parts d’Aermacchi, firme qui, après avoir équipé l’aviation de Mussolini de chasseurs plutôt performants, se lance dans la bécane de petite cylindrée dès les années 50. Mission accomplie avec un must : la 350 TV avec son monocylindre horizontal suspendu à un cadre poutre. Carbu Dell’Orto gourmand et joli petit cornet alu. Démarrage pointu avec un kick à gauche, une compression de 9 à 1. En 74, AMF équipe les moteurs 350 d’un démarreur électrique et d’un cadre classique avec longerons inférieurs. Trop lourde, ringardisée par les nippones, la belle italienne prend des rides.

1974 L’homme au pistolet d’or. A 1 heure, 21 minutes et 10 secondes, on voit défiler beaucoup de petites cylindrées impossibles à identifier et dénuées d’intérêt.

Bon, je vous les montre tout de même car je suis un grand perfectionniste.

 

1975 L’espion qui m’aimait. Le troisième Bond de Moore. 1 heure 10 minutes et 30 secondes. On découvre, dans un plan typique de la poursuite à moto, les rayons chromés et le gros frein à disques d’une Kawa.

Là, on sent qu’enfin, ce sera du lourd pour nous les motards.

Les méchants sont toujours embusqués ainsi, en gros plan, avec en vision subjective la proie dans le collimateur. Rappelez-vous le camion dans Duel de Spielberg en 1971. Et aussi d’innombrables plans de Mad Max et de tant de films de poursuites.

Beau comme un camion, en 71.

La joli scène de démarrage électrique nous révèle alors la fantastique ligne d’échappement d’une 900 Z1, laquelle trimbale un attelage assorti. Un side-car Kawazaki Z1 ! On ne présente plus le mythe de cette 4 temps alors déjà légendaire depuis 1972. Riposte à la Honda CB 750 Four de 69, elle offre alors tout ce dont peut rêver un motard qui voudrait flirter en toute élégance avec les 200 km/h.

Dans les lacets d’une jolie route de montagne, le mystérieux motard actionne un bouton du commode et le side se détache des arceaux.

L’iconique Lotus Esprit esquive le side qui trace comme une torpille avant de s’exploser dans un camion de matelas. Derrière le plexiglas noir fumé, un cascadeur allongé pilotait l’engin équipé d’un moteur Suzuki de 185 cc, de deux roues de scooter en latéral et d’une petite roue de caoutchouc dur cachée à l’avant!

Chose étrange, le camion se traîne soudain à la vitesse d’une limace au moment où se fait percuter par le missile.

On voit clairement que le pilote a été remplacé par un mannequin désarticulé au moment de la chute de la kawa dans la mer (01:11:51).

Ensuite, après avoir envoyé la caisse de Requin dans les décors, Bond et sa copine soviétique échapperont à l’hélicoptère de Naomi (à la déco assortie au side) grâce à la mythique Lotus, désormais sous-marine pour la postérité.

Elle, c’est Naomi. Elle est très vilaine et sait piloter un hélico.

Les 3 véhicules, la Lotus, le side et le jet-ski, sont tous exposés côte à côte au musée automobile d’Orlando.

Le jet-ski? J’allais l’oublier celui-là. Peut-être parce que les motards ont toujours ressenti une certaine gêne face à cette monture hybride. A 1h 53 mn 53 secondes, James,à bord d’un sous marin britannique, commence à déballer le gros sac envoyé par Q. C’est un Suzuki Wet Bike en kit, et c’est la première fois qu’un acteur pilote un tel engin à l’écran. Un peu la réplique de Moore à Connery sur son tricycle. Je mentionne tout de même ce truc car c’est du Suzuke.

La classe à Dallas !

 

1979 Moonraker. Tout y passe : parachute, gondole vénitienne montée en overcraft, vedette largueuse de mines, deltaplane et même navette spatiale ! Mais pas une moto.

Pourtant, on le voit, chaque décennie de James nous offre au moins une scène de moto mythique. Les années 80, toujours aussi délicieusement kitsch que les 70’s, iront encore plus loin, avec deux scènes d’anthologie. Alors à très bientôt les amis !

Et si vous avez loupé les années 60, tout est là : https://claymotorcycles.com/2021/11/toutes-les-motos-de-james-bond-les-annees-60/

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