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Elgé Chamonix : une montre outil française

Elgè Chamonix : la tool watch française

Je vais vous présenter ma Elgé Chamonix, une vraie montre française. Je précise que, comme d’habitude, Elgé ne sait même pas que j’existe. Je n’écris que sur les articles que j’ai achetés avec mon salaire, fruit d’un dur labeur. Quand je poste un article sur un objet, c’est tout simplement parce que j’aime le piloter, pédaler avec ou lire l’heure sur son cadran. Je ne suis pas un influenceur. J’ai un truc désuet d’une autre époque : un blog de passionné fait pour des passionné(e)s. LA Elgé Chamonix donc. Pour comprendre la place qu’elle occupe dans mon cœur et sur mon poignet, il faut d’abord faire un peu d’histoire.

Une tradition glorieuse

Il fut un temps où, dans la région de Besançon, les artisans horlogers français produisaient des montres solides, fiables et élégantes qui ornaient fièrement le poignet de nos grands pères.

Nombre d’échoppes assemblaient leurs propres modèles. Et en plus, elles écoulaient les stocks des maisons familiales établies à la frontière suisse depuis plusieurs générations. En 1857, Alphonse Dodane fonde la masion Dodane avec François-Xavier Joubert. Ils équiperont l’Armée de l’Air française. Dix ans plus tard, Emmanuel Lipmann lance Lip. En 1948, Henry Louis Belmont crée Yema. On pourrait encore citer Nappey, Berthet, Tribaudeau ou Kelton. Mais il existe tant d’autres sites de production.

Ainsi, après-guerre, l’horlogerie française connaît un âge d’or en Haute Savoie, plus précisément à Annecy et dans la vallée de l’Arve. Les frères Lantaz lancent la Fabrique d’Horlogerie Savoisienne et les établissements Yola, avec trois marques sœurs : Yola, Elga et Elgé. Pourquoi Elgé ? L.G. La Grande Horlogerie. A l’époque, les entrepreneurs ne payent pas des concepteurs rédacteurs ou une IA pour trouver le meilleur nom de marque. Dans le genre, j’adore les montres suisses Enicar, dont le boss s’appelait Monsieur Racine. Enicar, c’est juste Racine en verlan ! Boitiers, aiguilles et cadrans sont achetés chez des sous-traitants. La France possède une solide industrie sidérurgique et se fournir en Chine relève alors de la plaisanterie. Ce sont les suisses et les français qui exportent en Chine ! Les horlogers français emboitent alors des mouvements dits « ébauches », produits dans le Doubs, ou encore à Annemasse par la FEMGA, ou à Villers-le-lac chez Parrenin. Déjà, Elgé se singularise par son orientation à l’export, et sur le marché vintage des plateforme chinoises on trouve encore en 2026 des Elge datant des Trente Glorieuses. Dans les années 60, la Chamonix incarne la montre outil pensée pour la montagne et l’aventure. Voici mon exemplaire d’époque :

On connaît la suite. Les années 70, la crise du quartz et la concurrence japonaise. La désindustrialisation de la France et son mirage économique : réduire la croissance à la consommation en misant tout sur les services, le tourisme et l’importation. Délocalisations, licenciements massifs, travail manuel discrédité, perte de savoir-faire et PIB en berne. Pour Elgé, le glas sonnera dès 1973, date à laquelle la France s’aperçoit qu’elle n’a pas de pétrole.

La renaissance de l’horlogerie nationale

Heureusement, au moment où j’écris ces lignes avec mes petites mains et sans IA, un vent nouveau souffle sur l’horlogerie nationale. Péquignet et Yema ont réussi à concevoir et fabriquer leurs propres calibres. Nous possédons à nouveau de véritables manufactures françaises. Lip renaît de ses cendres et s’emploie désormais à suivre cette voie en retravaillant sur place un calibre Miyota.

Des micro marques dynamiques proposent des modèles originaux. On a aussi des marques anciennes qui renaissent. Et c’est précisément le cas de Elgé et de sa Chamonix.

Dans sa version moderne, la montre a été conçue en France. Bien entendu, boitier, cadran et aiguilles ne sont pas produites en France. Rappelons que désormais l’économie est mondialisée. Il faut bien comprendre que, pour une petite entreprise qui débute, tout produire en France, c’est mission impossible. Le Swiss Made lui-même autorise l’assemblage de pièces produites à 40 % à l’étranger, c’est-à-dire, dans le meilleur des cas, à Hong Kong ou Singapour. Au cœur des mouvements suisses les plus répandus, on trouve donc des rouages et des ponts made in China. Votre serviteur lui-même pratique ce que d’aucuns appellent le modding. J’emboite des mouvements japonais dans dans des boitiers chinois en acier d’excellente qualité. Le cadran chinois et les aiguilles chinoises sont très bien finis. Il faut être vraiment ignorant pour se moquer de l’industrie chinoise. Dans les années 60, les occidentaux se moquaient des montres, des motos et des automobiles Made in Japan. Vous connaissez la suite. Si vous voulez tout pour rien, vous allez acquérir des chinoiseries. Mais si vous mettez le prix, vos montres égaleront en qualité celle de pas mal de micro marques. Et elles seront infiniment supérieures à pas mal de croûtes connues mais infâmes. Voici ce que je sors en tool watch avec des composants de qualité :

J’assemble en France, puisque je vis à la Réunion. Et, sans vouloir me la péter, je peux dire que mes montres sont conçues et assemblées avec la même passion et la même méticulosité que mes motos ou mes vélos. L’assemblage et le réglage de la Chamonix se font bien en France, dans un atelier près de Besançon. Et le mécanisme alors ? C’est là que Elgé frappe très fort. La majorité des micro marques se contentent d’embarquer des mécanismes costauds et bon marché : ETA suisse, Seiko (NH35, NH38) ou Miyota (8215/8205 et 9015/9039) japonais (sachant que les mouvements Seiko NH35A/SII sont assemblés en Malaisie). La Chamonix est animée par un calibre France Ebauche (FE AUTO). Nous voici bien de retour dans la grande tradition des montres outils françaises !

Fondée le 3 avril 1967 par la fusion de quatre fabricants français (Joseph Jeambrun, Technic Ebauche, Ebauches Cupillard et FEMG), France Ébauches est devenue le deuxième fabricant mondial de mouvements horlogers dans les années 1970 avant de traverser une grave crise du quartz, de déposer le bilan en 1994, puis de renaître sous l’égide du groupe Festina via Soprod.

La saga France Ebauches

-1967 : La création. Née sous l’impulsion de François Perret par le regroupement de quatre entreprises familiales du Haut-Doubs et de Savoie (Maîche, Villers-le-Lac, Valdahon, Annemasse).

-Années 1970 : L’âge d’or . L’entreprise emploie plus de 700 salariés, produit jusqu’à 8 millions de mouvements par an et s’installe au 2e rang mondial.

-Années 1980 : Le virage du quartz. Face à la déferlante des montres à quartz asiatiques et suisses, un partenariat est noué avec Seiko, étendant la production (Tunisie, Maurice, Inde).

-1994 : Le dépôt de bilan. La chute drastique des volumes de production (tombés à 8 millions contre 14 millions au début de la décennie) entraîne une première faillite, suivie de la fermeture de l’usine de Valdahon en 2009.

-2017 : La renaissance. Rachetée par le groupe espagnol Festina (Soprod), la manufacture se réimplante à Maîche où elle développe son propre calibre et fournit de nouveau de nombreuses micro marques horlogères françaises (Akrone, Apose, Beaubleu, Elgé).

-Les calibres FE 5601 et FE 5611 : Conçus dans le dernier quart du XXe siècle, ces mouvements étaient appréciés pour leur profil plat obtenu grâce à une architecture où le barillet entraîne séparément le train de rouages et les engrenages des aiguilles. -La nouvelle génération : les ingénieurs se sont appuyés sur la propriété intellectuelle et les plans de des mouvements historiques pour concevoir une version modernisée et haut de gamme, industrialisée à Maîche. C’est notre calibre FE Auto (Base FE 5601 / 5611), qui a vu ses performances techniques largement optimisées. Cette mise à jour technique permet à ces mouvements de rivaliser directement avec les standards suisses ETA et Sellita. Décliné sous le nom de Specimen FE-01 chez certaines marques, ce fier calibre incarne la reconquête de la souveraineté industrielle horlogère française. Le mouvement passe de 3 Hz à 4 Hz (28 800 alternances par heure). Résultat : une course de la trotteuse très fluide et une meilleure précision chronométrique. La réserve de marche est confortable : 44 heures. Il intègre un pont de balancier traversant (fixé des deux côtés, une architecture typique des mouvements de haute horlogerie ou des calibres Rolex/Tudor) et l’axe du balancier est protégé par un système d’amortisseurs Incabloc® à double cône. La résistance aux chocs et aux vibrations est ce qui se fait de mieux après G-Shock ! Le système de hacking stop seconde permet une mise à l’heure précise à la seconde près. À la place des habituelles Côtes de Genève, FE a opté pour un magnifique motif nid d’abeille, gravé sur les ponts. La production des 151 pièces est répartie de part et d’autre de la frontière franco-suisse (l’Arc Jurassien). 70 % de la valeur est française : la platine, les châssis, les ponts de barillet, l’ancre, le balancier et la masse oscillante sont usinés en France. 30 % provient du Jura suisse : les composants ultra stratégiques et complexes comme l’échappement (spiral, roue d’échappement, levier de palette). Voilà pour la petite bête. On reste dans le Jura, et la minorité des composants qui ne sont pas français sont usinés en Suisse. On ne va pas se plaindre, si ? Je recommande vraiment de choisir le fond transparent pour admirer et faire admirer ce calibre gaulois. Une beauté épurée.

Une entreprise française

Maximilien Triquigneaux est aux manettes. Il s’est déjà fait la main en rachetant des noms de marques oubliées mais toujours chères au coeur des collectionneurs dont je fais partie. A travers sa structure Independent Watch Company, Maximilien a déjà relancé Wolbrook et sa Skindiver Worldtimer, plongeuse mythique portée par Neil Armstrong. Il a aussi relancé Douglas et, plus récemment, HGP, Hommes Grenouilles de Paris, avec son boîtier hommage à l’histoire de Georges Monnin. On l’aura compris, la démarche consiste à ressusciter de belles endormies et à les doper aux standards contemporains : verre saphyr traité, Superliminova etc.

Comme d’habitude, les rageux critiquent. Pourtant rien ne les empêche d’acheter des marques plus avant gardistes comme March Lab (qui embarque le calibre G100, fruit du partenariat entre la maison suisse La Joux-Perret et la maison Humbert-Droz à Besançon) ou Beaubleu (qui tourne aussi sous calibre France Ebauches). Ce sont de belles montres à l’élégance toute française avec une créativité qui nous fait honneur à l’international.

Mais les amateurs d’horlogerie française sont aussi souvent de grands nostalgiques. C’est ainsi que je confesse une passion sans limites pour les garde temps vintages. Je possède deux Elgé anciennes. Deux pépites que j’adore porter le dimanche à l’apéro.

Mais quand il s’agit de nager, bricoler ou vaquer à mes occupations quotidiennes, il me faut du solide, et pas de vénérables objets dénichés , révisés et conservés avec amour. L’idée de pouvoir vivre ma vie avec une Elgé au poignet sans trop me faire de soucis est un formidable compromis entre la tradition glorieuse et les impératifs de l’urgence. Arriver à l’heure et garder le cap, sans oublier d’où je viens. Alors faire du neuf avec du vieux n’est pas idiot du tout, et je remercie du fond du cœur Maximilien pour ces belles initiatives. Se donner autant de mal pour redonner vie à ces fières firmes françaises, cela demande des compétences entrepreneuriales et une réelle passion horlogère. C’est une aventure courageuse et risquée, à une époque où des ignares qui portent du bling-bling font fortune dans les puces électroniques, l’IA et les crypto-monnaies. Avant lui, en Grande Bretagne, le regretté Eddie Platts (dont le neveu a repris le flambeau), fondateur de Timefactors, a su redonner leurs lettres de noblesses à des fleurons comme Precisa, Dreadnought, Sewills, Speedbird et surtout Smiths, ma madeleine de Proust dont nous parlerons dans un prochain article. Et encore, les Smiths d’aujourd’hui tournent sous Miyota, alors que les calibres british des originales rivalisaient avec Rolex. Elgé tourne sous FE. Vous comprenez la différence.

Une fois dissipé le malentendu entretenu par les rageux, on peut se consacrer pleinement à notre pépite nationale, la Elgé Chamonix.

Les tools-watch ont un cahier des charges très classiques

La fonction utilitaire prime. Aviation, plongée, exploration, guerre ou alpinisme requièrent des qualités simples mais efficaces. La lisibilité doit être absolue avec un cadran contrasté, des index, des chiffres et des aiguilles surdimensionnées et phosphorescents, immédiatement accessibles de jour comme de nuit. La robustesse doit être à toute épreuve, avec un boitier bodybuildé, un verre technique résistant aux chocs et aux rayures et une architecture interne protégeant le mouvement des chocs, des vibrations et des champs magnétiques. L’étanchéité, de 100 à 300 m, doit être garantie par une couronne vissée. Une lunette tournante unidirectionnelle est obligatoire pour les plongeuses. Enfin, le mouvement doit être fiable, facile à réviser ou à réparer, et dénué de complications inutiles (même la date peut sembler superflue).

La Elgé Chamonix coche toutes les cases.

Le boitier :

  • Diamètre :38 mm
  • Acier inoxydable 316L (finitions brossées et polies de haut niveau)
  • Épaisseur : 11,6 mm (verre saphir bombé style « glass box » avec antireflet intérieur)
  • Cornes : 20 mm
  • Couronne : vissée, surdimensionnée de 7 mm
  • Fond de boîte : vissé et décagonal (plein ou saphir selon les versions)
  • la couronne, imposante comme sur les Dirty Dozen, est une couronne vissée, avec une marque rouge pour ne pas oublier de la revisser avant de sauter dans l’eau glacée des rivières en cru. C’est ce genre de détail technique qui en fait un véritable outil et pas un simple bijou de poseur. Las, elle n’est pas signée. Pourquoi diable une telle lacune ? J’imagine que cela ferait augmenter les coûts. C’est vraiment mon gros regret. On frisait la perfection.
  • Pourtant, un poinçon Elgé est estampillé sur la corne inférieure droite, ce qui donne un maximum de cachet.

Le cadran et les aiguilles :

  • Cadran noir laqué très profond avec typographie d’archives : quelle classe !
  • Aiguilles de style « Magnum » : de vraies pelles à tarte !
  • Index et aiguilles dotés de Super-LumiNova (Old Radium ou C3 selon les variantes)
  • Trotteuse blanche avec pointe luminescente (sans contrepoids). Cette absence de contrepoids donne vraiment une touche originale.
  • No date bien sûr ! Vivons l’instant de l’action !

Le mouvement (pour mémoire):

  • Calibre automatique France Ébauche (FE Auto – No Date) produit à Maîche (Doubs) avec le soutien de Soprod et du groupe Festina. Il est beau. C’est intéressant de choisir la version à fond transparent. La masse oscillante ajourée arbore fièrement le bon vieux logo hexagolal FE noir. Simplicité et finition sont vraiment réussies, avec une opposition visuelle entre les ponts et le rotor bénéficiant d’un traitement rhodié et les roues de transmission ou de minuterie d’un laiton doré chaleureux. Ce calibre dégage une impression de robustesse simple mais élégante et très qualitative. 23 rubis.
  • Fréquence : 28 800 alt/h (4 Hz) : les secondes défilent avec fluidité.
  • Réserve de marche : 44 heures. Les 41 heures du NH35 sont dépassées. Un tracteur donc.
  • Protection antichoc Incabloc®. Là, on est vraiment dans la grande tradition des montres françaises.
  • Fonction stop-seconde et remontage manuel

Pour moins de 1000 euros (976 euros), on a un pied dans l’horlogerie haut de gamme, avec une pièce rare et confidentielle qui s’appuie sur un sacré pédigree et pourra être entretenue et transmise avec amour aux générations futures. Les jeunes lisent l’heure sur leur smartphone, mettent le feu aux poubelles et ne savent plus lire un affichage analogique. Profitons-en pour leur inculquer les vertus appaissantes de cet objet si beau et profond : la montre mécanique. Ok boomer ?

La Elgé ne possède pas de lunette tournante unidirectionnelle, mais sa vocation première, c’est la montagne et non la plongée. Rappelons-nous la Rolex Pepsi GMT-Master portée par Marlon Brando dans Apocalypse Now. Elle n’a pas de lunettes ! Copolla trouvait que la lunette Pepsi de la Rolex personnelle de Brando ne cadrait pas avec le personnage du colonel Kurtz. La légende veut que l’acteur refusant de changer de montre, il aura fait sauter la lunette. Cette merveille a été adjugée près de 2 millions de dollars en 2019. Et, grâce à Elgè, vous pouvez accéder à un look aussi brutal et classe pour moins de 1000 euros. Et avec ses 150 m d’étanchéité, on peut se livrer aux activités poussiéreuses, neigeuses et aquatiques inhérentes à la vie de l’honnête homme.

Le bracelet

Grâce au système à dégagement rapide, on peut varier les plaisirs et les combinaisons. En version stock, la Elgé Chamonix est livrée avec un bracelet en cuir végétal italien disponible en trois couleurs (vous voyez que je peux être végan, quand je veux). J’ai choisi le plus clair, pour être le plus raccord possible avec la teinte des aiguilles et des index. Une plaque de protection de type bund est disponible en option, pour un look plus baroudeur. J’ai lu de mauvais commentaires sur ce bracelet mais je ne comprends pas car je trouve l’ensemble très harmonieux et solide, avec ses jolis points de couture ton sur ton. Le dessous de la plaque porte la devise de la marque en latin : « Fortitudo et robur telluris », « La force et la puissance de la terre ». Elle est soulignée par la silhouette montagneuse du massif du Mont Blanc. Elgé, c’est la finition et le sens du détail. Le catalogue propose aussi un bracelet nylon une pièce de type nato bleu ou noir, une évidence pour une tool watch en cas d’immersion dans l’eau ou la neige. Mais le plus sympa, c’est d’essayer d’autres bracelets au grès de vos fantaisies du moment.

La devise Elgè (qui est en réalité celle de la Savoie, F.E.R.T.), figure aussi sur la lame du joli petit Opinel disponible sur le site. Je n’ai pas résisté.

La montre est livrée dans un emballage et une boîte recyclables. Certains vont le déplorer, mais même Casio le fait, et puis ça permet de réduire les coûts et l’empreinte carbone, non ? L’étui cuir et tissu est vraiment joli, pratique et solide. Dans la boîte, vous trouverez en cadeau un très joli porte-clé de type patch brodé. J’adooooore les goodies. Merci Elgé.

Trois versions disponibles

Quant à la montre elle-même, vous la trouverez en trois versions. La mienne, garnie de Old Radium Lume orange, cède aux sirènes du néo-rétro. Cela peut énerver, mais je la trouve trop belle car chaque chiffre est surligné d’un liseré blanc.

L’autre version est plus moderne, si l’on peut dire, car encore plus lumineuse avec son lume vert C3 sobre et à peine moins nostalgique.

Enfin, pour Noël, la marque nous sort une pépite conçue en collaboration avec les mythiques chasseurs alpins. Plus exactement, elle est siglée aux armes du Groupe Militaire de Haute Montagne, l’ambassadeur des cîmes de l’Armée de Terre. Ce groupe composé de 10 soldats d’élite, dont certains sont des chasseurs alpins, c’est quasiment la patrouille de France des militaires montagnards. Rompus aux missions d’exploration hors normes, ils appartiennent à la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne. Et il est basé où ce groupe? A Chamonix bien sûr ! Et cette dernière version ne se contente pas d’apposer le logo bleu-blanc-rouge sur son cadran. C’est une véritable collab. L’outil a été rectifié et optimisé en fonction des besoins du terrain. Index (encore) plus lisible, avec le mythique quatuor 12/3/6/9. La nouvelle trotteuse, toujours dénuée de contrepoids (ouf) est équipée d’un pointeur rouge. Le fond de boitier acier est siglé. Le boitier n’a plus aucune facette polie. Tout est brossé pour ne pas refléter le soleil vers le viseur du sniper ennemi. On est à fond dans l’ADN montagnard, avec la couche de military watch qui fait tant rêver les collectionneurs de Dirty Dozen, de SmithS W10 et autres IWC Porsche Design Bundeswehr. Yema a admirablement repris le flambeau de ces collabs avec la Marine Nationale. Elgé la joue fine avec un corps d’élite ultra spécialisé. Sortir une Elgé Chamonix GMHM… c’est vraiment un coup de génie. Elgé Watches – Edition Spéciale GMHM. 1006 euros en précommande.

J’espère que la marque sortira d’autres modèles. Il est sûr que je risque de craquer. Les montres Elgé sont garanties 3 ans.

En résumé, que dire de cette montre confidentielle et injustement méconnue (en même temps je suis fier d’appartenir au club des initiés) ? Nous avons là une pépite française au look vintage modernisé: une Tool Watch élégante et robuste qui se porte aussi bien en forêt qu’au bureau ou à un dîner habillé. Elle coche toutes les cases pour un prix contenu sous la barre psychologique des 1000 euros. Quel plaisir d’arborer un somptueux cadran estampillé « Made in France ». Elle n’a qu’un défaut, c’est l’absence de logo sur cette belle couronne massive. J’aurais bien aimé aussi une étanchéité à 200 m. Mais mieux vaut 150 avérés que 200 ou 300 sur le papier. Et puis 150, c’est tellement vintage. Alors je ne vais pas chipoter pour si peu. Je suis trop perfectionniste, je le sais bien. Libre à vous de tirer la langue devant des modèles suisses surcotés que tout le monde porte déjà et qui embarquent des pièces chinoises sans vous l’avouer. Attention, hein : je possède de nombreux modèles suisses vraiment parfaits. Mais il y en a assez des gens asociaux qui, sur les réseaux sociaux, crachent sur tout ce qui ne vient pas de Genève alors qu’ils n’y connaissent rien. Soyons fiers de nos producteurs ! Soutenons leur effort ! Ma GADA (Go Anywhere Do Anything), je l’ai enfin trouvée et, alors que j’ai sûrement assez de montres pour pouvoir en porter une différente chaque jour de l’année, je passe avec elle le plus clair de mon temps. Les maîtresses sont remisées au coffre ou au placard, et je vis enfin ma vie avec mon officielle, une petite française pleine de caractère et de charme dans sa petite robe noire satin, sexy et classe. Elle m’accompagne au travail, sur le terrain et en soirée : c’est ma Elgé.

Pour faire un tour chez Elgé c’est ici

Pour précommander la version militaire c’est là

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