Au début, avec mon pote Denis, on avait lancé l’idée d’une rubrique consacrée aux histoires d’amour entre les motards et leurs montres. Bien vite, les blogs en mal de sponsors se lancèrent sur nos belles traces. Mais ce n’était plus du tout les mêmes tarifs. Un bon plan pour se faire envoyer de l’horlogerie suisse à l’œil. On comprend. Mais notre démarche était autre. Juste te narrer le plaisir de choisir une antiquité assortie à ta bécane préférée.
Depuis, j’ai enquêté auprès de vrais horlogers compétents. Des artisans aussi balaises que ceux qui font nos selles, nos garde boues, ou qui apprécient le jeu de nos soupapes. Et il s’avère que nos chéries à mécaniques automatiques ou manuelles n’aiment pas trop les secousses occasionnées par le tonnerre mécanique de nos pérégrinations quotidiennes. Les vraies montres de caractère se dérèglent souvent dans le feu de l’action.
Mais alors que faire? Opter pour du quartz ? Il faut bien vivre avec son temps, mais tout de même…Et pourquoi pas une injection électronique, tant qu’on y est. Ou, soyons fous, une moto à plugger sur un port USB ? Ou un machin électrique ?
Sans aller jusque-là, il me fallait trouver un objet compatible avec une moto de caractère.
J’avais déjà remarqué,en lisant Henri Bergson que, plus nous regardions la montre fixée à notre poignet, plus le temps passait vite, ou au contraire lentement, en fonction de notre état de stress ou d’ennui. Un coup d’œil jeté au cadran durant la brève pose du feu rouge était la garantie d’un départ digne des pires courses de dragsters.
C’est alors que m’apparut la figure de mon prof de philo. Ce gars était toujours très sharp sur ses idées, mais jamais stressé quant à la gestion du temps. Son poignet ne lui servait qu’à dessiner des arabesques susceptibles accompagner dans l’espace les circonvolutions de la cigarette qu’il consumait en classe. Quand il jugeait bon de nous libérer de cette chaise en bois sur laquelle nous étions fixées depuis tant d’heures, c’était pour mettre la main à sa poche, regarder sa montre-gousset, prendre une petite pause, et dire soudain : « Allez-y mes amis, c’est l’heure de retourner à la morosité de la vie ordinaire. A la prochaine ! ».
Ernst Jünger le souligne dans Le Traité du Sablier : longtemps, les gens ne mesuraient le temps que lorsqu’ils en avaient besoin. Les moines copistes utilisaient une bougie graduée pour travailler et l’éteignaient quand venait le temps de la prière. No stress !
Alors j’ai voulu renouer avec ce passé de dandy philosophe. Une montre à gousset ! On dit que les officiers anglais de la Première Guerre Mondiale eurent l’idée de faire souder leur montre à gousset sur un montant susceptible de recevoir un bracelet de poignet. C’était plus pratique pour syncroniser les attaques. Pourtant, j’aime bien les montres à gousset, fonctionnelle et jolies. J’en avais possédé plusieurs modèles un peu old school, dont une ancienne en argent pour mes 20 ans. Il m’en fallait une nouvelle, mais design : un bel objet que je ne consulterais que quand j’en aurais besoin.
C’est alors qu’après avoir traîné sur de pauvres sites de fitness présentant de sinistres chronos en plastoc avec affichage lcd, je décidai de migrer vers des terres plus magiques. Et je suis vite tombé amoureux des montres de Memento : MMT.
Deux français , dont un designers, des créas plein d’idées et amoureux du travail bien fait, ne s’y retrouvaient pas trop au pays des râleurs adeptes d’Asterix. Ils ont donc pris la tangente vers Hong Kong. Cette contrée était synonyme de camelote quand j’étais gamin. Je ne laisserai plus jamais personne défendre ce préjugé. De toute façon, le mouvement est japonais, comme mes bécanes.
J’ai commandé le modèle de mon choix (bois, mécanique, fond, couleur et message personnalisé) sur le site international. J’ai choisi mon message pyrogravé (encore une technique de hipster, tiens). Je n’ai pas cherché dans un dico des citations. J’ai pris une phrase de Clay. On n’est jamais mieux servi que par soi-même non? L’expression « Tuer le temps » m’a toujours semblé vaine et vulgaire, alors…
Et j’ai reçu la montre à la Réunion, sous 20 jours, sans frais de ports, et dans un coffret à faire pâlir de jalousie un boss des yakuzas.
Tout y était. Avec classe et sobriété.
Depuis, je ne m’en sépare plus. Au feu rouge, je ne suis plus stressé par le temps qui passe. Quand le blabla d’une personne me saoule, je fouille cérémonieusement la petite poche avant de mon jean, et j’en extirpe l’objet chéri avec ostentation et sérieux. Devant mon sourcil relevé, elle comprend soudain qu’elle doit abréger mes souffrances et passer son chemin. Où, quand je suis patient, je l’extirpe discrètement, faisant mine de me concentrer, et je joue avec ce parfait cercle de bois, le polissant avec amour, ce qui me permet d’écouter les pires jérémiades avec le sourire.
http://www.mmtstore.com/
Sur www.mmtstore.com, vous pouvez consulter des livres en ligne relatant avec classe l’histoire de chaque modèle.
Et si tu préfères les montres-bracelet, ils en possèdent également en bois.
Bref, tu sais ce qu’il te reste à faire !
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bien aimé le passage sur le 103 SP ... ;-))
ahhhhhhhhhhh le 103 SP! Les guidons torsadés ou les bracelets! La fourche façon chopper!
Merci Didier!
Oté les gants ! Non, en cette ère nouvelle qui commence, on ne va ni les enlever, ni les raccrocher et encore moins jeter l'éponge. Le show va continuer de plus belle. Attention, le Motorcycle Boy péi roule sur les routes de l'île, qu'on se le dise. Il est facile à reconnaître: ses cuirs viennent du Surplus américain. Quelque chose de Kirk Douglass dans "La grande évasion". Si vous le croisez, saluez-le de ma part. On raconte que son vrai nom est Cassius Belli.
Sauf si ce bon vieux Kirk était déguisé avec un casque allemand, tu ne fais pas plutôt allusion à Steve Mac Queen, le King of Cool? En tout cas merci pour ces encouragements chaleureux Fabien!
Mais oui Steeve Mac Queen, of course ! Ma fourche de Triumph a langué !
http://www.mdp-aerographie.com/
Merci pour ce coup de projecteur.
Je joins l'adresse du site de l'artiste. Ainsi les amateurs pourront s'adresser directement à lui pour toutes informations.
You are welcome! Merci pour cette précision. Nous ne manquerons pas de contacter bientôt David pour un article consacré à son travail!
Je suis tout z'ému, merci de l'honneur que vous me faites et surtout merci de votre confiance, de vos encouragements et de votre amitié.
Ce fut un réel plaisir de réaliser ce petit délire pour toi.
Bientôt peut-être le club des Genesis-Ladies avec les boots en signe de ralliement à la manière des Pink-Ladies d'un grand classique des seventies.
Merci
bonjour, merci pour le petit mot au sujet du café racer, c'est ma moto
"un préparateur mythique et discret", j'aime bien, on en aurait presque l'eau à la bouche
A+
SYLVAIN
Barelllllllllllll! On se contacte pour un tit reportage.
Sûr que quand je vois cette motocyclette, j'ai le bitume à la bouche!
merci pour la publication, (et avec un seul L c'est mieux)
ouarf! de rien: je te change ça de suite. La moto donne des ailes!
beau boulot, manque plus que le pompiste fasse couler un peu dessus !!!
Il peut y aller ca bougera pas,foi de Chakal. ...
AAAAAAAGGGGGGGHHHHHHH !!!!!! Je pensais être le premier a en porter un à la Run mais je suis battu !!!!!!!!!
Je vais en commander un pour porter avec le Gringo de Biltwell, ça sera l'occasion de comparer et de parler chiffons.......et même peut être de s'échanger des adresses de coiffeurs !!!!!!!!
Bien volontiers des infos sur l'écran Biltwell. Pour les adresses de coiffeurs, ce sera difficile car aucun n'a touché ma tignasse depuis de nombreuses années. Il faudra demander à Manuella qui y passe des heures, mais tu vas te retrouver avec des extensions ;-)
Nous sommes d'accord: si vous voulez garder une ligne de pot pure et élégante, c'est le dernier truc à faire. Mais là le tube était cabossé, rayé et impacté. Et cette bécane évolue vers le blindage ;-)