Faut-il acheter ses pièces moto en ligne ?

Faut-il acheter ses pièces moto en ligne ? C’est la question que je me posais hier après-midi, en ville, pendant que ma chérie faisait l’acquisition d’un cadeau de naissance dans une boutique pour bébés. Non pas que je sois insensible aux robes liberty taille 6 mois, mais je préfère de loin le charme des mini jupes en cuir pour jeunes femmes accomplies. Et, comme j’ai le questionnement économico-métaphysique facile, surtout quand je m’ennuie, j’en suis vite venu à rêvasser motocyclette. En ville, tu ne trouves presque rien pour la moto, sauf si tu habites Paris. La plupart du temps, tu dois chercher ton bonheur au SAV des concessions, et dans des shops situés en périphérie, dans des zones commerciales hideuses. Tu peux aussi trouver une ampoule de klikos au super marché ou chez auto-bidule, au hasard des courses du week-end.

Le problème, c’est que c’est loin, c’est cher, c’est moche. Faut faire la queue. Les gens ne sont pas toujours aimables, ou te regardent de haut dès que tu en sais moins qu’eux. Ou pire, dès que tu en sais plus. Perso, je fais mes courses à la supérette du coin avec un sac à dos. Je connais la caissière, laquelle n’est pas automatisée, ainsi que l’agent de sécurité, qui vient de se débusquer un ZRX R Black.

Du coup, pour moi, la zone indus, c’est un peu l’expédition dans les Badlands. Tout juste si je n’emmène pas un sabre pour me tailler la route.

Sunny, un gars qui ne prend pas le tatouage à la légère.

Je suis ton papa.

Altesthan reviens !

Heureusement, je ne suis pas seulement un gars sur du bitume qui tente de respecter le code. Je suis aussi un gros geek qui pilote entre les lignes de codes. Et pour les pièces moto, je passe mon temps en ligne. Entendons-nous. Je ne parle pas de se faire livrer un V-Twin S&S à la maison. Je parle de phares, de compteurs, de contacteurs, de rétros, de joints moteur, etc.

Les garanties sont meilleures qu’avec une boutique en présentiel, sauf si tu es pote ou habitué d’un super speed shop local, bien entendu. Je trouve toujours tout.

Je te vois venir. « C’est de la merde chinoise ! Rien ne vaut les pièces d’origine ou du bon after market. ». C’est bien. Tu as le droit de vivre dans le passé, l’ignorance et les préjugés.

J’ai acquis dans l’urgence mon compteur d’une marque bien connue pour 150 euros. Il remplace avantageusement l’énorme truc en plastoc tout cassé du BT 100. Il possède de multiples fonctionnalités que je n’utiliserai pas plus que les ¾ de celles de mon smartphone. Mais il fait le job. C’est made in Taïwan. J’étais impa

tient. Mon compteur Wish est arrivé le lendemain de l’installation du Made in TaÏwan. Il m’a coûté 13 euros. Il ne donnent ni l’heure ni la température des filaments de l’ampoule du feu AR. Mais il claque grave et fonctionnent très bien sur le XJR 1300. Avec plus de fonctions électroniques, il m’en aurait coûté 30 euros ttc et avec les frais de livraison inclus.

Made in Taïwan

Made in China

 

J’ai commandé des centaines d’articles chez eux. Une vraie vitrine d’Ali Baba. Quand le produit est en retard, et à la Réunion, où les colis chinois s’entassent par millions sur les étagères, ils le sont souvent, Wish te rembourse, qu’il te soit livré par la suite ou non ! Je n’ai jamais été déçu, sauf quand j’ai acheté, pour voir, des clikos à 1 euro ou des rétros en plastique moulé à la louche. Le pire, c’est que ce n’était pas inutilisable. Non, aussi moche que ce que la photo laissait deviner ou que ce que j’aurais trouvé au magasin stock du coin pour 3 fois ce prix.

Quand le prix ne fait plus le moine…

Je rappelle tout de même que dans ce genre de boutique près de chez moi j’ai vu ce feu AR  à 50 euros et que je l’ai eu pour 8 sur mon site chinois. Qu’est-ce qui justifie un tel écart de prix ? L’attente ? Je la prends désormais en compte dans mes projets. Le SAV ? Pfff… « Ah, oui ta pièces est défectueuse ? On peut te la changer, mais ce ne sera pas la même car on ne l’a plus en stock. On peut t’en commander une assez similaire. » Et tu vas la commander où ta pièce ?

 L’autre jour un pote m’entend vanter ainsi les pièces chinoises. Alors, tout timide, il me sort une pauvre vis en alu pour fixer sur le GDB AR de son Fat Bob. Tu crois que c’est vraiment de l’alu ? ça vient de Chine mais chez HD ça coûte 50 euros en concess. Je l’embrasse pour lui montrer que je n’ai pas peur des propos hétérodoxes et que si des revendeurs HD nous écoutent et nous espionnent grâce à une technologie illuminati (made in China, bien sûr !), et bien on les emmerde pas mal. Je croque dans cette belle petite pièce il est vrai si légère. Mais oui c’est de l’alu ! J’ai vu Jean de chez Run Iron Works couler des pièces en alu alors je commence à connaître. Mais je n’avais pas besoin de risquer d’abîmer un émail qui a su séduire tant de femmes belles et intelligentes. Non. Un petit raisonnement économique simple sur les coûts comparés du métal le moins cher du marché et d’un dérivé de gisement fossile me prouve que les chinois calculent vite sur leur boulier que la pièce en plastique leur coûterait trop cher. HD a fait ce même calcul, et a sûrement commandé cette même pièce chez le même fournisseur chinois.

Toute personne qui a déjà démonté quelques morceaux d’une HD récente sait qu’elle découvrira de plus en plus de composantes japonaises, et même chinoises. Je sais, la mythologie du cadre rigide avec 2 roues de vélo fixées par un simple goujon dans une cabane de Milwaukee en prend un coup dans l’aile.

Teller, yé la vlaie Harley. Yé té plends quand tou veux avec ta pauvre HD japonaise !

Quand les japonais se sont lancés dans l’horlogerie, tout le monde s’est marré. Idem pour les bécanes.

C’est ce qui se passe maintenant en Chine. Ils ont appris et ils progressent. Quand ils m’ont envoyé ma première montre de plongée automatique, mon horloger traditionnel n’en revenait pas. Il est vrai que je n’avais pas commandé un pauvre truc à 10 euros, et que le mouvement était…japonais.

En effet, pour les nostalgiques de Georges Marchais qui rêvent « d’acheter français », c’est toujours possible : il nous reste le camembert, les voitures Renault fabriquées dans les pays de l’Est, et les créations moto artisanales locales ardemment combattues par les politiques infantilisantes des champions de l’écologie de pacotille et de la Contravention, euh pardon, de la Prévention Routière. Là encore, un peu économie rapide nous apprend qu’une bonne partie des matières premières utilisées ou même des pièces assemblées provient du monde entier, y compris, parfois, de l’Europe et, plus spécifiquement, de la France. Quant aux fonds qui circulent derrière tout ça, je ne sais même pas s’il est encore possible de leur donner une nationalité.

Et puis j’en ai ma claque de devoir me justifier pour tout et rien. Je paye des impôts, et pas mal de TVA toute la sainte journée. Les rageux qui te jugent parce qu’ils refont le monde et ne font jamais rien : « Juste chhhuuuuttttt… ».

Ou alors, et je m’adresse aux réunionnais, lesquels ont, contrairement à ce que croient les idiots, une sacrée longueur d’avance dans pas mal de domaines du numérique, il existe un compromis qui mettra pratiquement tout le monde d’accord (sauf les rageux, bien entendu).

Ru

Bref, il existe une charmante commune ici du nom de Petite Ile. C’est dans le Sud, non loin du somptueux site de Grande Anse. Là, il y a Run Iron works. Et, un peu plus haut, on trouve le show-room d’une boutique en ligne qui propose un catalogue fourni de pièces distribuées en  France. C’est RUN-ACCESSOIRES. Tarifs métros mais convivialité péi. Pas besoin d’attendre 2 mois comme sur les sites chinois. Pour ceux qui ont peur de devoir monter un compteur sans mode d’emploi ni conseil technique, ce serait bien la solution idoine. Des consommables, de la mécanique, des groupages, de la redirection de colis : la totale à deux pas de chez toi. Tu peux voir la pièce avant de la commander, la retirer sur place, te la faire livrer : ils se plient en quatre pour t’aider.

Daniel, le Boss, est un gars hyper accessible et réactif. J’ai eu l’occasion de le tester, quand je lui ai commandé un rétro néo-rétro que je ne trouvais nulle part alors au catalogue des chinois. A peine lui avais-je posé une question en ligne que mon smartphone retentissait. C’était Daniel qui me rassurait sur l’état de ma commande.

Un rétro bien rétro.

RUN-ACCESSOIRES : C’est mon entreprise d’importation et distribution d’accessoires motos sur la Réunion. Elle est active depuis bientôt 4 ans. Il s’agit d’une plateforme de distribution web en lien direct avec le stock métropole, pour la Réunion. Je suis distributeur exclusif de la marque BRAZOLINE qui concentre une quinzaine de marques distribuées en France.

https://www.runaccessoires.re/fr/

Parce que Daniel est lui-même un passionné, il a accepté de renouer avec notre bonne vieille tradition du Questionnaire Claymotorcycles :

1-            Années de pratique : 10 ans

2-            Motos passées et présentes : Petites cylindrées / 125 vanvan / Suzuki SV 650 (projet de transformation café en ce moment….mais qui reste à l’état de projet par manque de temps!)

3-            Ma moto préférée : difficile à dire…j’aurais dit une ZX-10r mais faut surtout pas que je me pose la dessus…

4-            Pourquoi la moto ? Au départ c’est la sensation de liberté…., la puissance sonore et mécanique, aller chercher certaines limites, le plaisir de rouler entres potes, ensuite…ce fut le côté pratique comme éviter les embouteillages, le stationnement facile etc., …et aujourd’hui, la satisfaction d’en faire un métier.

5-            Ma plus belle histoire de motard : C’est un peu chaque jour, car je rencontre des motards et des motos tous les jours…. Moi c’est mon job et j’en profite.

6-            Ma pire expérience de motard : joker

7-            Ce que je préfère : Rouler seul la nuit…mais je me soigne.

8-            Ce qui m’énerve : Démarrer une journée sans café!

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