Run Iron Works

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Run Iron works…tout un programme. Un logo avec un dodo en mode steam punk. Un atelier tout nouveau pour un artisan qui possède une grosse experience. Au début, j’avais surpris une réalisation incroyablement léchée sur un site de vente entre particuliers bien connu. Un Van Van assez méconnaissable avec un pneu AV identique à l’énorme gomme AR et qui donnait diablement envie d’aller le tester sur du sable mouillé.

En bon limier obsessionnel, j’ai vite retrouvé la source de cet étonnante production. Run Iron Works, donc. La boîte affirmait pouvoir réaliser des résés sur mesure. Diantre ! Un tel savoir-faire à la Réunion ? La vraie foi me commandait d’y aller. Mais la boîte n’est pas vraiment située à St Denis…juste en bord de route à…Petite Ile ! Bon, en même temps, il me suffisait de trouver une demi-journée libre et ensoleillée. Une belle balade dans le Sud Sauvage, sans personne pour me prendre le chou, et pour rencontrer un artisan qui s’était vite avéré super cool en ligne,  il y avait pire comme déplacement.

Le Corsair étant alors en rade pour des problèmes de batterie, j’optais pour le Storm Cruiser. Ce serait donc véritablement une balade à la cool, au doux son du V-Twin, accompagné par la mélodie pétaradante des bons vieux Lafranconi.

Petite pause à 3 Bass

Petite pause à 3 Bass

Une fois sur place, j’ai appelé. Tiens, c’est marrant, mais c’est occupé. Tiens, c’est marrant, mais j’ai un message, c’est mon artisan ? Tiens, c’est marrant, c’est ma voix dans le répondeur. « Foutien ! » (*juron déposé par Claymotorcycles : à chaque fois que tu le prononces, tu me dois une bière !). Oui, foutien ! J’ai enregistré mon propre numéro et non celui de Run Iron Works.

Une heure plus tard, après avoir sillonné la ville, fait connaissance avec deux auto-écoles, un bar et une tite boutique, me voici rendu à l’évidence : l’atelier était là, en bas, sous mes yeux, depuis le début. La rue Maxime Payet, c’est juste la portion de la voie principale qui longe le rond-point en bas de Petite Ile et qui continue vers St Joseph. Je trouve la case en question et je vois un Van Van de la Poste : un sacré indice ! Je réveille les chiens et Jean m’accueille avec un grand sourire.

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Armé d’un grand café chaud, me voici enfin dans son petit monde. Iron man est intarissable quand il s’agit de son travail et de ce à quoi doit ressembler une belle moto. Enfin un gars qui parle encore plus que moi ! Mais lui, c’est pas pour sortir des conneries, même s’il ne manque pas d’humour. Je me sens bien dans ce petit espace aménagé sur-mesure et en cours de finition, entre les Van Van, une grosse HD et une BM RT complètement mise à nue. Notre homme a déjà réussi à rendre ce truc supportable en virant tout le plastoc et toute la quincaillerie pour ne laisser que la quintessence : le gros flat et le mono amorto. Il me parle déjà de ce projet avec gourmandise. Ce sera sa bécane perso. Regardes, je vais mouler mes propres pièces : ce sera unique. Je vais la bestialiser en mettant le paquet sur l’avant. Une moto doit être belle. Elle doit rouler, bien sûr. Une moto jolie mais désagréable à piloter, c’est n’importe quoi. Mais la fonction doit s’adapter à l’esthétique. On ne doit pas sacrifier l’esthétique au fonctionnel. C’est ma conception. » Je souscris. On est fébriles. Mais je dois le recadrer. Faut d’abord causer business !

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Alors on commence par le commencement. C’est quoi cette HD ? C’est juste une commande pour fabriquer un garde-boue AR plus discret. Et là, j’ai droit à un mini cours de fabrication de garde-boue, de la simple feuille de tôle à l’époxy. Là, je pense à ma galère, quand j’ai fabriqué mon garde-boue de XJR bien droit dans ses bottes. Ne manquera plus que la peinture. « Ma cabine est folklo mais ça marche pour les petites pièces. Pour les grosses, je m’arrange autrement, en attendant une vraie cabine. »

L’atelier est modulable. Une porte transformée devient un auvent qui permet à notre passionné de bosser au chaud ou à l’air libre, c’est selon. La partie sous-tôle est, selon les besoins, une cabine de peinture intégralement bâchée et arrosée garantie sans poussière, un atelier de préparation, un espace bétonneuse pour les moules à alu, et un show-room avec moquette, s’il vous plaît.

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Ok, mais c’est quoi ce Van Van ? « Je voulais montrer un peu ce que je pouvais faire. Ce résé est spectaculaire, mais demande moins de travail que celui de la BM. Je fabrique un gabarit en bois au millimètre. Ensuite je monte autour. Pour les gros galbes, j’aurais bientôt une machine plus puissante. Je me suis amusé pour moins de 300 euros sur le Van Van.»  (tu parles, on pourrait manger sur cette bécane : elle semble sortir d’usine !) Tu vois l’échappement ? C’est juste une boîte planquée sous la moto. J’ai fait la selle moi-même mais il me faut un vrai sellier (C’est là que j’interviens : je le connais, moi, le sellier 😉 Quel plaisir de mettre les talents en contact !

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Mais comment tu fais pour faire tout ça tout seul, Jean ? Là, il faut qu’il me briefe son pédigrée. Et je ne suis pas déçu.

« Je vis à la Réunion depuis 3 ans. Je démarre mon activité. Je voulais faire converger toutes mes compétences vers ma passion : la bécane. J’ai bossé sur les motos des potes et sur le Van Van pour me préparer aux choses sérieuses. Maintenant je suis prêt et je commence à communiquer. 15 ans de bécane, mais bien plus d’années encore passé dans l’automobile.  Au départ, j’avais un bac en électronique. Bof, moi, je voulais un BTS mécanique. Pour ça, j’ai dû bosser dans un garage. Cette aventure m’a mené à devenir garagiste durant 11 ans. Mais je me sentais encore limité. Alors le gros délire, ce furent les années à monter des protos chez Danielson, puis chez Mega. Là, j’ai appris la carrosserie. On faisait tout nous-même de A à Z. On faisait de la F3, des courses sur glace, aussi. »

Des prototypes ? Des courses sur glace ? A ce stade de la conversation, mes chers lecteurs, vous comprenez que les genoux de votre serviteur flanchent et que des grelots sonnent une musique de Noël dans sa caboche. Mais je n’ai encore rien vu…

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« Faut que je te montre le projet aluminium moulé. » Tu moules des pièces en aluminium ? Là c’est carrément l’halu ! C’est « Ainsi parlait Zarathoustra » dans ma tête, mais adapté par Metallica ! Jean s’est fabriqué son propre four avec un creuset en graphite. Il a meulé une bouteille gaz ! Et il utilise une ancienne machine à laver pour le sable qui sert au moulage. Il vient de l’Etang Salé car très compactable. Mais réutilisable à l’infini. C’est très écolo. La forme est en bois tourné et sculpté. Avec ce protocole ancestral, Iron Man vous sort des bouchons de résé qualité Formula One ! Et ce n’est qu’un début ! Il a encore plein de projets surprises !

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Bon, Clay, il faut que tu te calmes. Mais c’est plus fort que moi. J’imagine le potentiel. Le nombre de gamins qui viennent me voir parce que, pour remplacer une pauvre platine, les concess veulent leur extorquer des centaines d’euros. Les possibilités de pièces uniques pour un projet prépa ou custom. Et je ne vous raconte pas la tôle ! Les résés bien sûr, mais aussi les têtes de fourche ! Les carénages ! On discute déjà des modifs qu’on pourrait appliquer à mon Dax, Lucky Lady, laquelle n’en finit jamais d’être finie.

Jean me raccompagne et admire les pièces alu usinée spécialement à Belgarda par Yamaha Italia pour ma vieille machine. Il scrute aussi mon humble travail sur tôle, mais sans aucune moquerie. Juste des regrets, par rapport à la beauté de la chose « Zut, là j’aurais pu te faire un joli retour. »

« -Oui, Jean, je vois bien, mais je ne sais pas faire, et puis chez moi, c’est un peu à la Mad Max.

-J’aime bien Mad Max… »

Désormais mes amis, quand je me rendrai à Petite Ile, ce ne sera pas pour un pique-nique !

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Comme de bien entendu, Iron Man Jean, Big Boss de Run Iron Works, a gentiment répondu aux questions pernicieuses du fameux Questionnaire Claymotorcycles :

1-            Années de pratique : 16

2-            Motos passées et présentes : 600 XT / Bonneville / Street / Re- Street / Re-Bonneville/ la BM

3-            Ma moto préférée : R12 100 R

4-            Pourquoi la moto ? C’est le dernier carré de liberté au niveau kustom.

5-            Ma plus belle histoire de motard : Une belle tôle au petit matin dans un nid de poule. Une jeune femme s’est arrêtée pour voir si tout allait bien. Elle a pris mon numéro de téléphone. On s’est mariés.

6-            Ma pire expérience de motard : Ma première Street Triple. 30 km. Un dos d’âne. Je cale. J’appelle la dépanneuse. Le mouvement du dos d’âne avait enclenché le coupe circuit. La honte.

7-            Ce que je préfère : doubler les files de voiture.

8-            Ce qui m’énerve : les gens qui déboulent au stop ou au rond-point et qui pensent que tu peux freiner sur 3 mètres.

9-            L’avenir de la moto : RUN IRON WORKS !

10-         La moto en un mot : PLAISIR

RUN IRON WORKS : sur FB :

https://www.facebook.com/RUN-IRON-WORKS-1641172846134411/

14 Rue Maxime Payet / Petite Île / 0692 90 94 30

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2 réponses à Run Iron Works

  1. Gilles dit :

    excellent ! quel potentiel !
    (profites-en pour faire refaire les bouts de tôles qui te servent de garde-boue…sans parler de la planche qui te sers de selle sur ta Yamaha spaghetti… :-))

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