Salut motard et scooters

Sur les forums, une question revient de manière récurrente quant au salut motard : faut-il saluer les scooters ? J’ai trouvé la solution !

salut

Salut les copains ! T’as vu comment je penche?

A moto, comme au boulot ou dans la vie en général, parfois je suis distrait, concentré, ou de bonne humeur, et cela affecte la manière dont je salue, ou ne salue pas autrui. Par contre, il y a des règles, et je ne salue pas de la même manière un Prez de MC, un universitaire, ou un môme de 5 ans.

C’est donc l’étude objective de ces règles qui m’intéresse ici. Quel sens a donc le fameux « Salut motard », et pourquoi les scooters en seraient-ils dispensés, ou privés, selon les cas ?

Dans l’histoire des cultures, le salut est un des signes les plus anciens, peut-être le plus ancien. C’est déjà du langage. Comprendre ce que l’autre veut dire peut vous sauver la vie : ne pas confondre  « Je vais niquer ta mère » et « Nous venons en paix ».  Les paléo anthropologues considèrent  que les mains en négatif de l’art pariétal renvoient à un code de chasseurs-cueilleurs élaboré.

Le signe de la main n’a donc de sens que parce que les autres le comprennent. Il faut donc que tout le monde se soit mis d’accord sur le sens du signe. C’est déjà un problème à moto : les signes motards ne sont pas enseignés lors du passage du permis. Et quand bien même, les jeunes usagers sur faible cylindrée, ou les petits scoots avec leurs quelques heures de formation, ne savent souvent même pas que des signes existent, à part le doigt d’honneur. Sinon, c’est le malentendu. Dans certains pays, il est malpoli de ne pas éructer en fin de repas, mais c’est tout le contraire si vous déjeunez chez ma mère. Il existe un relativisme culturel autour du sens des signes manuels. Lever le pouce n’a pas le même sens selon que vous êtes grec, auto-stoppeur, plongeur ou alcoolique. Bon, si vous êtes deux plongeurs grecs alcoolos qui font du stop, vous allez vite vous comprendre.

Salut Clay !

Salut Clay !

Saluer, ce n’est pas juste montrer quelque chose ou alerter d’un danger. C’est plus complexe, et plus animal à la fois. On montre qu’on existe, qu’on sait que l’autre existe, et cela doit manifester notre positionnement par rapport à l’autre, soit quant à nos intentions quand on ne le connaît pas, soit quant à notre respect de la hiérarchie, lorsqu’on évolue dans un système clanique, féodal, religieux, entrepreneurial ou même familial. Nous verrons qu’avec les cycles à 2, voire 3, voire 4 roues, la question se pose de manière de plus en plus pressante, et nous verrons pourquoi. Même chez les lapins nains, on se salue pour marquer le territoire et la hiérarchie. Balancer un jet d’urine sur son voisin n’est pas vraiment une marque de respect. L’encercler en courant manifeste votre appétit sexuel débordant, et lécher son pelage montre que vous le respectez comme un big boss. Si vous manquez à ces signes, la morsure sera cruelle, ou vous serez  juste très frustré sexuellement. Chez les lapins, du moins.

Pour l’aspect social du salut, il faut prendre en compte pas mal de problèmes. Faut-il saluer tout le monde ? Qui salue en premier ? Dois-je saluer quelqu’un qui m’est socialement inférieur ? Ou qui m’est équivalent mais que je méprise ? Comme pour les lapins nains, les militaires ont statué une fois pour toutes. On salue un gradé dès qu’on l’aperçoit. C’est codifié. Quand les gens se saluent, ils disent souvent « Bonjour ! » ou « Comment allez-vous ? «  Pour la moto, ce problème est évacué : avec le vent, la distance et le casque, tout salut qui voudrait être perçu sera visuel. Dans L’essai sur l’Origine des Langues, Rousseau nous explique que les premiers hommes n’ont abandonné les signes gestuels au profit de la parole, que parce que cette dernière portait plus loin, y compris dans le noir. Mais pour les activités spécialisées comme la chasse, vous ne pouvez hurler « Attention ne bouge pas, tu as un tigre à dents de sabre caché derrière toi ». De même, sur la route, pas de blabla.

foot salut moto pied

Et pour une gestion efficace de cette signalétique, je vous renvoie vers l’excellent topo réalisé par le Repaire des Motards :

http://www.lerepairedesmotards.com/detente/signes.php

Voilà pour l’efficacité des signes. On salue de la tête, de la main ou d’un ou plusieurs doigts de la main gauche, ou aussi avec le pied droit, celui qui ne passe pas les vitesses et qui se voit quand on double (par la gauche, sauf dans le monde britannique ou affilié). Les saluts peuvent diverger selon les pays et les tribus. Les purs bikers font rarement un « V », lequel renvoie à la symbolique de la moto GP.

Mais le sens du salut, c’est surtout le désir d’exister, le besoin de reconnaissance. Hegel, un philosophe du XIX° siècle, a réfléchi à la question dans la Phénoménologie de l’Esprit, dans le cadre de la fameuse « dialectique du maître et du serviteur ». En gros, quand un gars refuse de vous saluer, vous voulez l’exploser, car vous ne vous sentez pas reconnu comme le mâle dominant, voire tout simplement comme humain existant. Quand vous tendez la main, et que le gars reste les mains dans les poches, vous n’êtes pas vexés ? Ou quand il vous tend le poignet genre « désolé mais c’est plein de graisse, je veux pas te salir tes mains de bourgeois paresseux, tu comprends, j’ai un vrai métier utile moi » ? Ou quand vous voulez claquer un bisou à une fille et qu’elle a un geste de recul ?

Mais si vous l’explosez, il ne peut plus vous saluer, et le résultat sera le même, et ça, Hegel l’a bien pigé. Par contre, si c’est un lâche qui a l’habitude de freiner au moindre virage, alors il va vous saluer de manière outrancière. Mais là, même frustration : ce n’est qu’une carpette. Son salut visqueux n’a aucune valeur.

Vous voyez ou moi et mon pote Hegel on veut en venir ? Considérez-vous donc les scooters comme de vrais motards ? Des gens susceptibles d’être salués ?

Le seul vrai salut gratifiant est celui échangé mutuellement entre deux adversaires ou amis de niveau équivalent et qui se respectent comme tel. Les samouraïs l’ont compris : si je m’incline en laissant ma nuque offerte, les mains le long du corps, tu peux me décapiter, An-BU San. Idem pour les chevaliers : je te tends la main, donc elle n’est pas sur la garde de ma noble épée, donc tu peux la couper. La confiance, quoi. Mais, je le répète, tout ceci était codifié avec des règles. Dans le vrai Far West, on se tirait dans le dos avant de se dire bonjour.  Et les Vikings étaient bien pétés de rire avec  les gens qui venaient en leur tendant la main. En boxe Française, on se salue noblement avant de s’envoyer un bon coup de pied fouetté retourné dans la rotule. En combat de rue c’est différent.

Or, les motards roulent souvent en japonaises, en américaines, et ils s’identifient volontiers aux chevaliers casqués et gantés de l’Europe médiévale. Mais ils évoluent au cœur de la rue ! Dans la jungle urbaine ! Ou dans les déserts ruraux, ce qui n’est pas plus rassurant.

Vous l’aurez compris, la question du scooter n’est qu’un gros prétexte. La grosse question est celle du sens profond du salut motard. Je ne parle pas du mythique « V » de Sheene, que certains pratiquent sans le savoir. De toute façon, il me semble que Churchill l’utilisait bien avant lui. Non.  Il nous faut juste nous demander pourquoi nous somme si fiers et joyeux quand un autre motard nous salue.

La réponse est simple : il vous confirme bien que « vous en êtes » pour de bon. Vous n’êtes pas un pauvre piéton, un rampant, un loser en caisse pourri. Non, vous êtes un putain de motard. Un enfer de chevalier du Zodiaque des temps modernes. Vous avez le permis. Vous avez une chouette bécane qui vous plaît (nécessairement plus belle que celle du gars qui vous rend le salut, et si c’est lui le prem’s, c’est qu’il adore votre meule, non ?). Vous en avez chié pour ça, et vous en chiez encore. Vous partagez les mêmes dangers (fierté décuplée, et salut encore plus risqué, pour les rares motards pluvieux). VOILA ! C’est dit ! Désir de reconnaissance et besoin d’appartenance ! Alors, on se sent pas mieux là ? Je viens de vous économiser au moins 300 euros de psy !

Salut Clay !

Salut Clay !

Ok mon coco, maintenant tu sais ce que t’as dans le casque et ce que tu ressens dans ton blouson. Mais en pratique, ça se passe comment ? Et c’est là que les choses se gâtent. La théorie, c’est un peu dur à suivre, mais on a l’avantage de s’exciter tout seul. Dans la pratique, ce n’est jamais comme prévu.

Bienvenue dans le monde motard du deuxième siècle des masses. A la fin du XIX°, et dans la première moitié du XX°, c’était jouable et à peu près plein de bon sens. Personne ne se plaignait sur les forums de geignant sur le non-respect du salut. Normal : le web n’existait pas. De toute façon, les gens étaient complètement coincés et tout le monde disait bonjour à tout le monde, sauf « aux sales étrangers », et la liste était longue.

De nos jours, quand un gars ne nous dit pas coucou à moto, il faut se dire que « en chine, ou sur le périph à Paris, tout le monde s’en fout. Autrefois les motards étaient rares. En croiser un, c’était se sentir moins seul. Le gars qui vous avait salué avec application sur une départementale serait celui à qui vous alliez prêter votre trousse à outils 3 km plus loin à l’ombre d’un platane. Saluer un copain, que dis-je un frère, c’était aussi chier sur le système, refuser la norme, s’imposer ouvertement comme rebelle.

bunch

Ces gestes généreux et ces postures romantiques n’ont pas complètement disparu. Il y a un mois, à un rond point, Blvd Sud, j’ai ralenti pour demander d’un signe de la tête à un papa avec sa gamine avec leur trail en rade si tout allait bien. Direct, il m’a fait ‘ok » et m’a montré du doigt une substance visqueuse qui allait moi aussi me mettre au tapis. Certains courants hipsters néo rétros auxquels je suis d’ailleurs tout de même plus qu’un peu affilié, tentent de raviver cet esprit et c’est noble. Mais pour certains, cela ne devrait concerner que les « happy fews » qui édictent les nouvelles règles de style de la moto de caractère. Le papa au rond-point n’avait ni barbe soignée, ni Norton Commando repeinte au Posca, ni boots à 1200 euros. Et rien que pour ça, j’en connais pas mal qui ne l’auraient même pas regardé. C’est bien dommage. La chevalerie motarde n’a jamais été aussi nécessaire du point de vue symbolique, face à l’anonymat des normes en tout genre, et jamais rendue aussi difficile à cause du speed généré par le système. M’arrêter au rond-point pour aider ce gars en cas de problème m’aurait exposé à un grave danger. J’aurais aussi pu exposer inutilement sa gamine à se prendre plus de 200 kg d’acier nippon en pleine face. Et en cas de grabuge, les assurances se seraient retournées contre moi, sans compter avec les forces de l’ordre.

Admettons que je m’arrête, ce que je fais parfois, quand c’est possible, et quand les contraintes horaires professionnelles me le permettent. Eh oui. Essayez de dire à un boss ou à un chef de service que vous avez loupé une réunion bimestrielle importante parce que vous avez aidé un motard en panne. Eh bien, si je m’arrête, donc, le gars peut me regarder avec pitié parce que je n’ai pas une Ducati, me faire signe de la main que « non, c’est bon, tu peux dégager tu me déranges là, tu vois pas que c’est important, va mendier ailleurs »,  et continuer à parler au téléphone avec le chauffeur de la dépanneuse que lui envoie son assurance. Si, si…

Clin d’œil à mon ami An-Bu Custom Motors

Clin d’œil à mon ami An-Bu Custom Motors

Et pour les motards qui ne saluent pas, n’oublions pas que : parfois on est dans la lune, ou que le virage doit être négocié dans les règles de l’art à deux mains, ou qu’il y a un obstacle imprévu, ou que ça va trop vite. Je ne vais pas me perdre dans les jérémiades sur les bikers qui saluent ou pas les sportives. Sur les roadsters qui ne saluent pas les BM de tourisme,…etc. Je n’en sais foutre rien. Tous les jours, plein de gens me saluent ou pas. Les copains de MC, de brotherhood me font de grands gestes super sympas, mais je les soupçonne de me reconnaître car, eux, ils respectent les limitations de vitesse. Pour avoir roulé parfois avec eux, je les sais tout de même fort courtois avec les autres motards. Mais des gars en grosses HD hyper cleans me méprisent, c’est ainsi. Le meilleur test, c’est le Storm Cruiser. Ceux qui  ne me saluent pas croient que je suis : un biker en HD, un gars en japonaise ou un roadster, c’est selon. Eh puis, au risque de ne pas être optimiste quant à la nature humaine, reconnaissons que parfois nous sommes de mauvaise humeur, et aussi que certains, motards ou pas, resteront toujours de sombres cons. Voilà, ça aussi c’est dit !

Avant...

Avant…

...après ! Salut Jimmy !!!

…après ! Salut Jimmy !!!

Mais les scoots, alors, on fait quoi ? Un « V » ? Un doigt ? Un coup de pied au cul ?

C’est complexe.

tmax

caca !

L’étiquette du dur à cuire en cuir est implacable : quoi qu’en disent les papiers administratifs et les constructeurs, un scooter n’est pas une vraie motocyclette. Les motards saluent les motards. Adios, passe ton chemin minable. Quand un motard qui a le permis roule quand même à scooter, c’est pire, c’est un traitre : il est permis de s’arrêter au feu pour le rosser à coups de chaînes, comme seuls les félons le méritent.

Et du point de vue des scoots ? Ce n’est pas trop difficile. On a tous un pote qui, pour une raison étrange (genre « je viens d’avoir un bébé », ou « c’est plus pratique pour le boulot »), fait l’acquisition d’un de ces machins, en plus ou, horreur, à la place de sa meule. Allez, avouez que ça vous met la honte de rouler à côté de lui, mais vous restez stoïque pour ne pas lui faire de peine. Pourtant il est vrai que c’est pratique. Accélérer comme avec une mobylette, ça doit être marrant, surtout si vous avez la même cylindrée qu’une moto moyenne. Il pleut ? Même pas mouillé. Du vent ? Viens rouler sans équipement avec ta petite robe. T’as fait les courses ? J’ai un coffre. Tu as un casque ? J’ai un top case. Tu as mal aux fesses ? Viens t’assoir sur ma selle. Tu as peur de tomber ? Regarde j’ai de belles poignées. Pas mal de passagères apprécient. Mais soyons honnête. Au feu, elles vous font un sourire discret mais engageant. Normal : vous, vous êtes un putain de rebelle. Pas de garde boues, une selle de skate montée sur ressorts à hémorroïdes,  et des tas de trucs graisseux un peu partout, y compris dans les cheveux. Ahhh ! La douce odeur du motard en sueur sous son cuir râpeux ! Les phéromones, je vous dis que ça ! Mais bon, c’est quand même pratique. Bien entendu, la moto aussi c’est pratique. Pour se faufile, se garer et…c’est tout. Pas de rangement, pas de protection face aux intempéries et un poids souvent handicapant dès que le sol est glissant. Mais si on veut du pratique, on achète un utilitaire, un monospace, ou un scoot. Et là, adios l’esprit libre et le caractère. Faut savoir ce qu’on veut. Tout ce qui s’écarte du combo basique 2roues-un cadre à se mettre entre les jambes-un moteur et une bonne vieille boîte de vitesse s’éloigne de l’esprit motard, et donc de la sphère du fameux salut motard.

Ne riez pas ! Ce truc fait 500 cc avec un pauvre permis auto, et les jeunes motards se trainent sur des meules bridées.

Ne riez pas ! Ce truc fait 500 cc avec un pauvre permis auto, et les jeunes motards se traînent sur des meules bridées.

C’est pourquoi certains cadres en BM grand tourisme ne se font jamais saluer : de loin on les confond avec un scoot. C’est pourquoi certains scoots se font saluer : de loin on les confond avec une BM. Trêve de plaisanterie. L’autre aspect du problème, c’est la conduite. Ivre de maniabilité, et souvent mal formé, ou dénué de réelle expérience motarde malgré son permis (sans parler des trucs qui se conduisent avec un permis auto) le T-Max se faufile dans des angles improbable, veut systématiquement nous gratter au feu, et du coup c’est fédérateur : on le hait. J’adore Yamaha. C’est ma marque fétiche. Mais permettez-moi d’en rester au V-Max. Cependant, demandons à notre pote le transfuge. Il nous rétorquera que sur son scoot, il se fait tellement mettre la misère par les motards méprisants qu’il est obligé de jouer des coudes pour se faire (non, pas « respecter », faut pas rêver) voir. Quant aux MP3, on les regarde comme des enfants gentils et peureux qui ont voulu retrouver les joies du tracteur à pédales. Comment faire autrement avec des gens qui sont prêts à se passer de tous les avantages de la moto en renonçant à ceux du scooter, juste pour ne pas tomber dans les virages ou à l’arrêt ? Je n’en connais pas, mais j’imagine que pour eux, le problème est le même. En gros, si je dis bonjour à un motard, il ne me répondra pas, alors à quoi bon ? Et si jamais il me dit bonjour, je suis tellement surpris que je n’ai pas le temps de répondre et que du coup il ne dira plus jamais bonjour à un scooter.

Vous voyez que je n’ai pas de solution. J’ai donc pris de bonnes résolutions pour 2016. Avant, je ne disais bonjour qu’aux motards. Par contre, je disais bonjour à toutes les cylindrées, y compris aux 50 cc. Quand je circule en Dax, seuls les connaisseurs et les gendarmes à moto me disent bonjour, alors je connais le mépris et ne l’admets pas. Et je ne commençais pas à me prendre la tête sur la question de qui doit faire un signe en premier. Quand j’étais occupé, je faisais juste un petit index ou un hochement de texte.

Du coup, si jamais vous m’avez croisé, et que je n’ai pas répondu à votre salut, c’est que j’étais distrait, ce qui est dangereux, ou que vous apparteniez à une autre catégorie que celle des motards. Cela va changer. Je vais continuer à faire en tout premier un « V » aux sportifs et aux roadsters, un franc salut de la main aux bikers, et un coucou de la tête aux p’tits gars en pit bikes. A cette catégorie de petits veinards ; je vais ajouter les scooters Vintage d’époque. Mo n pote Lionel, le papa de Bad Mother Fucker, est un pro de ces restaurations, et je peux vous jurer que cela force le respect.

« Bad Mother Fucker »

Je pourrais vous faire l’historique du scooter, mais ce post est déjà trop long, et de toute façon, cela ne m’intéresse pas. Mais sachez qu’entre ces merveilles en tôle et acier et les trucs en plastique jetable aujourd’hui, il n’y a de commun que l’appellation. C’est comme avec la mer et le surf. Il y a une hiérarchie naturelle qui s’établit et se mérite. On ne peut acheter du plastoc et s’autoproclamer « motard ». Ça vous choque ? M’en fous, je vous dirai plus bonjour. La route est en partage, mais elle n’est pas à tout le monde. C’est une question de sécurité. Pourquoi je ne dirai jamais bonjour en premier à un « motard »en short, savates et tee-shirt ? Relisez cet article et vous saurez. Pourquoi je fais un doigt d’honneur aux « sportives » qui me frôlent par la droite alors que j’ai une passagère ou un môme ? Idem. Je me rappelle ce papa qui jetait son môme en morey sous mon surf au take-off. Quand je lui disais que c’était dangereux pour le petit et qu’il y avait des priorités, il me disait « on fait ce qu’on veut : la mer est à tout le monde ».

Ce qui va changer donc, c’est que je vais REPONDRE à TOUS les gens qui vont me saluer. VTT-Max, poussettes de course, quads amphibies qui roulent à 50, MP3, 4, 5, 6, jolies piétonnes, vieilles mémés, crossmen sans plaques, trails bruyants qui ne conduisent que debout sans selle, et même aux caisseux : TOUT le monde ! Ce n’est pas gentil : c’est poli, et il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.

Avant...

Avant…

...après !

…après !

Pour conclure (vous êtes toujours là ?), c’est le paradoxe de la moto. Je veux être reconnu dans ma singularité, mais aussi appartenir à une tribu. Si tout le monde salue tout le monde, il n’y a plus le sentiment de fierté d’appartenir à une caste. Si personne ne salue personne, le résultat est exactement le même.

Donc il faut saluer, c’est essentiel, mais chacun est renvoyé à sa conscience. Et ne vous plaignez pas de cette ambiguïté qui fait précisément partie de la liberté motarde.

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20 réponses à Salut motard et scooters

  1. Gilles dit :

    Put…ça c’est de la salade de neurones bien assaisonnée !!!

    Au final, pour moi, fuck ze scoubites !!!

    ÉPICÉTOU

  2. Franck dit :

    ça me rappelle un jour à Vitry (banlieue de Paris). J’avais salué et remercié un caniar en scooter. Le mec il a coursé ma Ducat, il voulait me casser la gueule parce qu’il pensait que je l’avais insulté 🙂 maintenant, je regarde le pedigree du bestiaux sur le scooter.

  3. VIEUX MOTARD dit :

    Excellent !
    J’ai pris plaisir à lire cet article, sérieux et amusant à la fois , à la fin on regrette qu’il ne soit plus long…..

  4. Pierre dit :

    Bonjour
    Merci Clay pour cet article philosophique très plaisant à lire….

    Je ne salue que les motards, quelle que soit leur moto.
    Et encore, avec ma vue qui ne s’arrange pas, il m’arrive souvent de voir la moto qui arrive en face trop tard.
    Si vous croisez une H 2 qui ne vous répond pas, excusez le pilote, il est en extase et ne vous a pas vu…….
    Les autres, scooters, quads, trikes et pourquoi pas vélos n’ont rien à voir avec ma communauté.
    Je ne les salue donc pas.
    Et je ne m’arrêterai pas si j’en voie un en panne.
    Aucun ne s’est arrêté quand j’ai perdu mon pignon de sortie de boîte sur la 4 voies de ST-Paul avec la H 2.
    Même des motos sont passées, j’ai les numéros de plaque…….

    • Clay dit :

      Voilà ! C’est dit ! Bande de va-nu-pieds dénués d’esprit motard ! Etudiez d’abord la mention « H2 » sur wikipedia, et ensuite seulement, revenez pleurnicher sur le salut motard 🙂

  5. Racktoo dit :

    D’un côté si tu voulais être aidé ce jour là commence par aider les autres non ? Te force pas hein mais si jamais un jour tu as le temps, tu te balades, penses y 😉

  6. Pierre dit :

    Bonjour
    J’ai dû mal m’exprimer.
    J’ai bien dit que je saluais les gars en moto. Et si j’en voie un en panne, si les circonstances le permettent, bien sur que je m’arrête pour l’aider.
    @ +

  7. Neyco dit :

    J’avoue… j’ai la rage quand on répond pas a mon salut xO !
    Mais Quand on me répond! Ahaha Dans le casque ça fait « Boum Bébé I’m a motherfucking Biker-Rider »!

  8. Fredermos dit :

    Fiouuuu! J’en ai sauté dès paragraphes… Moi aussi j’ai salué des scouts en croyant à des BMistes et vice-versa puis las, j’ai décidé de saluer tous les 2 roues sans rien attendre en retour. Ça évite d’etre Déçu

    • Clay dit :

      Que lis-je? Tu as sauté des paragraphes? Et tu oses poser un commentaire? Bon, c’est courageux, et en plus ta philosophie est cool, alors je te salue virtuellement à coups de souris 😉

  9. Phil91 dit :

    J’adore cette analyse.
    On ne sait pas ce qu’on pensait avant, et on ne sait pas quoi en faire après, mais cela fait du bien, un peu comme à moto, l’important ce n’est pas de savoir où aller, l’important c’est de rouler.
    Après de nombreux échecs de saluts, échecs par l’absence de réponses, je suis devenu philosophe.
    Mes blancs cheveux me permettent maintenant de ne répondre qu’aux saluts initiés par les autres.
    Comme les militaires, je suis le plus gradé. Matez mes galons.
    Philippe

  10. Papycoz dit :

    Je salues les motos, side mais aussi les cyclos et scoots si eux me saluent d’abord. un ado en 50cc qui te salue sera sans doute un motard plus tard. Après pour les scoots, certains roulent avec cela par commodité (il n’y a pas besoin de lever la jambe pour rouler avec).

    • Clay dit :

      Oui les side !!! Je les ai oubliés! Les ados 50 cc c’est cool de ta part. je me rappelle à quel point j’étais fier sur ma RD 50 quand un gros cube me faisait « coucou ». L’autre jour, un groupe de quads m’a salué. Encore un dilemme imprévu ! 🙂

  11. Someone dit :

    Je suis à 300 % LE « traitre » de l’article. Je dois en effet représenter Un Millième des motards (et encore…) dans le sens où j’ai passé mon permis moto, pour Ne Pas conduire de moto! En somme, j’ai effectué mes 20 heures de leçons (en 3 semaines avec les 2 exams), et je n’ai plus jamais touché à une moto depuis. Je suis l’heureux propriétaire d’un scooter 400. Et si je dois en changer, ce sera la cylindrée en dessous. (tout est limité à 110 en Bretagne) Quel est l’intérêt d’avoir un gros moteur sur puissant entre les jambes? Je vois pas… Je n’ai jamais salué les motards. Quel intérêt? Je déteste ce côté communautaire… Et je pense pourtant être bien plus motard (tous les jours, toute l’année) que la plupart des motards qui sortent le dimanche quand y a pas un nuage.

    • Clay dit :

      Sacré concept ! Surtout ne change rien : tu sembles si fier et heureux ainsi. Et merci pour cette belle idée de post à venir… »Les motards du dimanche ». Tout un programme!!! 😉

  12. Someone dit :

    Fier, le mot est lancé. Pourquoi ne pas faire un prochain poste là dessus plutôt ? Voilà une bonne idée. 🙂 Car la fierté est du quel côté ? Heureux en revanche, oui. D’être atypique. Quand on voit la mentalité et le panurgisme des motards qui accordent de l’importance à ce genre de futilités. Moi je ne suis pas fier et je m’en fiche royalement, je vis pour moi, quitte à me faire passer pour un livreur de pizzas, ou un « scooteux », par tous ces gens trop fiers sur leur moto. J’ai pas le zizi qui grossi avec un gros moteur sous les fesses et un gros réservoir collé au bide. ça sert quoi? A rien… Et j’ai pas ce besoin irrépressible et irrationnel de saluer des inconnus sur la route comme c’étaient des copains sur un terrain de jeux. Du genre « regardez-moi, je suis en mal d’existence, je suis de votre communauté, j’existe » ça n’a vraiment aucun sens… A ce moment là, on salue tout le monde, puisqu’on est tous à égalité sur la voie publique. Mais justement, c’est pas fait pour tout le monde et c’est très sectaire. Ça appartient et c’est fait, pour les motards, par les motards, et seulement entre motards. Bref c’est ridicule. Comme ci les motards étaient différents des autres. Qu’ils évoluaient dans un monde qui n’est pas le même monde que les autres usagers de la route. D’où cet article… Quant aux motards du Dimanche, ce sont ceux que je vois dans les stations balnéaires, (en général en troupeaux, parce que les motards aiment se balader par paquet de 3 minimum) habillés en Goldorak, qui font tellement de bruit, que même les sourds les entendent à 3 km, et qui brillent tellement, que même les aveugles les voient à cent lieux. (Ils sont tellement balaises à plusieurs, qu’ils sont capables de lyncher lâchement un grand père -voir l’actualité dans le Var cette semaine-) Alors que moi, bien minoritaire, je n’ai plus de voiture depuis 2013 (ma situation me le permet, pas encore d’enfants) Je suis donc derrière un guidon tous les jours et je suis bien seul sur les routes quand l’automne arrive où qu’il y a 3 nuages gris dans le ciel. Voilà pourquoi je parle des motards du Dimanche. J’ai juste un sens aiguë de la réalité. Je crois que ce qui symbolise le mieux les motards, c’est bien la fierté, et le manque de pragmatisme. Puisque la plupart des machines ne correspondent pas à un besoin réel… Y a qu’à voir sur les autres continents. 90 % des deux roues sont des scooters de petites cylindrées. Nos motards occidentaux du dimanche se prennent pour des supers héros. Mais notre petit pays n’est pas du tout représentatif du monde des deux roues, et heureusement que le monde entier ne s’amuse à se saluer derrière leur guidon…

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